Moyen-Orient

Moyenne EF EPI : 44,60 Population: 411 788 402 RNB par habitant : $13,139.97

Prêt pour le changement

Autrefois au premier plan de la science, de la littérature et du commerce, les cultures du Moyen-Orient sont aujourd’hui plus marginales en ce qui concerne la recherche de pointe et la production économique. Mais la situation dans cette région pourrait bien changer.

La moitié de la population du Moyen-Orient est âgée de moins de 30 ans et il est devenu clair que le secteur public ne peut pas parvenir à les recruter tous. En plus, les pays riches en pétrole et gaz naturel comprennent que les économies basées sur le carbone seront bientôt une relique du passé. Pendant les deux dernières décennies, ces pays ont investi davantage dans l’éducation, une décision sage au vu de la population jeune.

Opportunités de la jeunesse

Les états du Golfe ont transformé leurs systèmes d’enseignement supérieur pendant les deux dernières décennies. Parmi d’autres réformes, les chefs de gouvernements ont assoupli le monopole des universités publiques, soutenant les établissements privés qui amènent des universitaires formés à l’Occident et qui assurent des cours en anglais. Les fonctionnaires des Émirats arabes unis et du Qatar ont aussi invité les universités occidentales d’élite à ouvrir des campus satellites dans leurs pays. Cette compétition a poussé les universités publiques à se réformer, occidentalisant leurs programmes d’études et passer à l’anglais pour les programmes de certains diplômes.

#70 sur 100 pays/régions testées Émirats Arabes Unis

Compétences : Très faible
Score EF EPI: 48,19

#75 sur 100 pays/régions testées Jordanie

Compétences : Très faible
Score EF EPI: 47,21

#80 sur 100 pays/régions testées Qatar

Compétences : Très faible
Score EF EPI: 46,79

Des résultats décevants

Malheureusement, les progrès d’enseignement des compétences de base aux écoliers ont été plus lents et de nombreux pays ont été forcés d’établir des programmes pour faciliter la transition des élèves du secondaire à l’université. Les taux d’alphabétisation ont augmenté rapidement à travers la région, mais lors des derniers tests PISA, les enfants de 15 ans des trois pays participants du Moyen-Orient, à savoir la Jordanie, le Qatar et les Émirats arabes unis ont réalisé les scores les plus faibles dans les mesures de lecture, mathématiques et sciences. Lors des derniers tests TIMSS de mathématiques et de sciences des élèves de quatrième, 8 des 11 pays ayant les scores les plus faibles se trouvaient au Moyen-Orient. Nos données indiquent la même tendance : la maîtrise de l’anglais dans la région est de loin la pire de toutes les régions du monde.

D’une certaine manière, il est surprenant que la maîtrise de l’anglais ne soit pas plus élevée. Le Moyen-Orient est diversifié ; dans la plupart des pays de la région, plus de 30 % de la population est née à l’étranger. Même si une portion de ces immigrants parlent arabe lorsqu’ils arrivent, nombreux sont ceux qui ne le parlent pas. De plus, presque un million d’étudiants aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite sont inscrits dans des écoles de niveau primaire et secondaire privées et anglophones, ce qui représente 20 % de la population totale des étudiants des écoles internationales dans le monde. De nombreux établissements d’enseignement supérieur dans les pays du Golfe dispensent une partie ou l’intégralité de leurs cours en anglais, et les bourses financées par les gouvernements ont envoyé plus de 200 000 étudiants universitaires aux États-Unis ou au Royaume-Uni pour obtenir un diplôme. Pourtant le niveau d’anglais moyen dans la région reste faible.

Les défis à relever

Dans certains pays, le problème semble provenir d’un accès inégal aux ressources d’enseignement de l’anglais. Nos données révèlent par exemple que Dubaï et Téhéran ont des niveaux de maîtrise de l’anglais bien plus élevés que leurs pays dans leur ensemble. La population de l’Arabie saoudite est répartie sur un territoire énorme au développement inégal, avec des niveaux variés d’accès à l’enseignement de l’anglais à l’école. Certes, placer des enseignants d’anglais qualifiés dans chaque école est difficile, surtout lorsque le nombre d’adultes qui parlent anglais est si faible, mais d’autres grands pays comme la Chine, se sont attaqués au même problème. Recruter des enseignants étrangers est la solution préférée de nombreuses écoles et universités privées au Moyen-Orient, mais bâtir une classe locale professionnelle d’enseignants anglophones serait une solution plus durable.

Dans d’autres pays, l’arrivée de grands nombres de réfugiés a mis la pression sur le système éducatif, redirigeant les ressources vers la fourniture des services de base. Plus d’un million d’afghans vivent en Iran, et plus de deux millions de Palestiniens et d’un million de Syriens vivent en Jordanie, un pays dont la population est inférieure à 10 millions de personnes. Certains pays ont connu des gains en matière de compétences en anglais malgré l’agitation. L’Irak, émergeant des troubles des deux dernières décennies, a la meilleure progression parmi tous les pays de la région.

Des économies fragiles, un conflit persistant et une dépendance excessive du secteur public sont parmi les défis qu’affrontent les pays du Moyen-Orient qui veulent équiper leurs populations jeunes des compétences nécessaires pour la main-d’œuvre mondiale. Répondre à ces défis aurait un effet transformateur sur la région et améliorer la faible maîtrise de l’anglais de la région sera une composante essentielle de cette transition. Il reste à voir si cette transition peut être menée en douceur au milieu des tensions régionales et d’un marché énergétique mondial en évolution.

Écart entre les sexes

Un écart considérable des compétences en anglais entre les sexes est apparu cette année au Moyen-Orient. Même si les femmes représentent plus de 50 % de la population des universités dans tous les pays de la région, elles restent malheureusement bien moins susceptibles de trouver un emploi à la fin de leurs études, ce qui leur donne peu de chances d’utiliser l’anglais qu’elles ont appris à l’université.

Fossé des générations

Le Moyen-Orient possède un écart relativement réduit des scores de compétences entre les tranches d’âge. Malheureusement, ces données suggèrent que les écoles n’enseignent pas l’anglais mieux qu’avant, car les deux tranches d’âge 18-20 ans et 21-25 ans ont connu des baisses considérables de la maîtrise de l’anglais. En effet, comme en Amérique latine, les jeunes diplômés au Moyen-Orient parlent anglais presque au même niveau que les adultes de plus de 40 ans.

  • Moyenne

Autres régions

Europe

Les compétences en anglais continuent à accuser du retard dans le pays en périphérie du continent européen.

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Asie

Même les pays les plus riches d’Asie accusent un retard par rapport à l’Europe en matière de financement de l’enseignement des adultes en dehors du lieu de travail.

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Amérique latine

Après des années de stagnation, des plans pour améliorer les compétences en anglais se développent davantage en Amérique Latine.

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Afrique

Une meilleure maîtrise de l’anglais aiderait les investisseurs étrangers et leurs partenaires africains à proposer des contrats plus transparents et une coopération plus souple.

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